Don Quichotte | 2011

Oeuvres sur papier / Don Quichotte

2011

2011 fut une année faste pour la série des Don Quichotte. Année qui vit l’aboutissement de la maitrise technique patiemment élaborée tant dans le trait que dans la mise en couleur.

Je ne me suis pas depuis lors départi de cette technique, de cette manière car, je pense, elle correspond pleinement à ma vision du mythe du chevalier errant. Alors bien sûr il faudrait remettre sur le métier les motifs, les scènes, puiser sans doute dans une relative modernité qui donnerait sans doute plus de la connotation existentielle dont est empreint ce personnage pas si « haut en couleur » que la vision que j’en donne. Il faudrait voir du côté de Dali ou de Giacometti (il y a de « l’homme qui marche » dans Don Quichotte…)  une gravité, une austérité maniérée, une pesanteur et une légèreté paradoxale tout à la fois qui, sans doute siérait bien au dernier chevalier, au premier personnage de roman moderne car dépourvu, dépouillé de réelle épopée.

Mais 2011 demeure une année faste pour Don Quichotte…

 

Déliés et vibrations de chaleur

L’année 2011 voit un regain d’intérêt pour le motif avec une libération de la palette dans des teintes et couleurs très fortes et antinomiques : les stil de grain, les orangers de Chine, jaune oxyde transparent et autres variantes chaudes et exacerbées de l’orange et du rouge matérialisant la chaleur de la Mancha rentrent en opposition frontale avec les teintes froides qui vont du vert olive au violet de cobalt ou bleu royal qui suggère une issue moins heureuse qu’il n’y parait…

Deux motifs dominent la série 2011 et l’orientent vers une tonalité western avant que j’entame des variations un peu « hors sujet » sur la danse : « la marche » qui creuse le sillon Bd mais dans un esprit plus Loisel ou Giraud (‘Blueberry ») et cherche à illustrer l’accablement cuisant, et le trio qui se souvient de Sergio Leone et de la figure récurrente du trio « amical » croisé dans sa filmographie …

La série « danse » tente un grand écart en alliant les postures de danse de Pietragalla (mais après tout n’existe -t-il pas un opéra Don Quichotte qui a vu briller Noureev…) : en arrière plan s’agitent Sancho et Rossinante en contrepoint comique…

La série 2011 est probablement celle qui s’aventure la plus nettement dans les audaces liquides et filandreuses que permettent les glacis. Le trait arachnéen de l’encre de Chine est ainsi entremêlé de filaments de peintures tracés à la pointe du couteau, parfois balayés par le fil ou même au pinceau plumeau qui seul permet ces jeux délicats.

La série se fait en quelque sorte plus légère, plus humoristique dans les motifs et les références et pour autant plus complexe dans la touche, la manière et le port.

Don Quichotte | 2011 || Galerie

Oeuvres