Carré d’artistes | 2016 – 2017

Oeuvres sur papier / Carré d'artistes

2016 - 2017


« L’art est contemplation des choses, indépendante du principe de raison » [Arthur Schopenhauer]

J’ai hésité quelques années (en fait une dizaine, ça fait beaucoup d’atermoiements…) avant de déposer un dossier à Carré d’artiste. Des formats imposés qui plus est fort restreints (13×13 / 19×19 / 25×25 / 36×36), des thématiques plus ou moins imposées, une production en quantité qui s’apparentait pour moi à une posture industrieuse et mécanique proprement contraire à ce que je recherchais en me lançant dans la pratique artistique. J’avais tort (ce qui signifie qu’on peut avoir tort pendant dix ans, voire davantage…).

Au demeurant l’opportunité envisagée n’était guère aux antipodes de cette pensée de Goya au frontispice de ce site…

Trio en salon [2006][30x30]
Trio en salon [2017] [19x19]
Trio en salon [2017] [13x13]

Répétition, variations et gammes chromatiques


La production en série de petit formats inscrit l’artiste dans l’économie de moyens et des schémas qui abolissent le syndrome de la toile blanche (que j’ai longtemps connu). Dès que je suis rentré chez Carré d’artiste et que la galerie m’a commandé une quarantaine d’œuvres pour avant-hier j’ai vite saisi qu’il fallait reprendre des motifs déjà éprouvés pour les reconstruire : le temps était compté, la matière, le geste le deviendront bientôt. L’exercice vous inscrit dans un assujettissement, une subordination, une exigence qui peut être vécue comme une pénitence ou comme un ressort artistique. Je repris donc des motifs connus puisés dans les petits formats musicaux qui dataient de 2006 (quatuor et trio au salon, Jazz, …), dans les premiers Don Quichotte (Don Quichotte et Sancho, Don Quichotte sur la ligne).

Assez étrangement je m’avouais assez promptement que ce travail pouvait procurer du plaisir, le plaisir de la variation, de la manœuvre oscillatoire et du déroulement maitrisé à l’intérieur d’un cadre qui peut s’apparenter ce me semble à l’exercice du solo en guitare au sein des gammes pentatoniques.


Paris [2013][100x100]
Paris [2017][36x36]
Paris [2017][25x25]

Le repliement sur les motifs antédiluviens ne suffisait pas, je me tournais alors vers mes séries phares des villes et des concerts. Léger tracas, des tableaux tel que Havana, New York, Paris ou Lyon avait une envergure d’un mètre : comment les faire rentrer dans un carré de 25…., de 19…., de …13 !!! A vrai dire la chose ne posa pas de difficulté majeure et la réduction de la touche permit de rentrer dans la contrainte. Pour autant les tableaux changèrent de nature en changeant de taille : les tableaux initiaux visaient une certaine majesté que la taille contribuait à susciter, une tonalité majeure en quelque sorte, les petits formats altèrent cette tonalité et firent rentrer les motifs dans la gamme mineure.

Même esprit pour les concerts si ce n’est qu’il fallut par ailleurs transformer un motif très maitrisé en format / proportions paysage classique en format carré ! Ajoutons à cela que les concerts produits pour Istanbul ne possèdent pas les mêmes gammes chromatiques que ceux produits pour San Miguel : assez naturellement je privilégie les teintes chaudes pour San Miguel alors que j’étais resté sur des teintes plus froides à Istanbul…

Concert [2017][13x13]
Concert [25x25]
Concert [2017][36x36]

Une fois la question de la « production » réglé une autre problématique se présenta, celle du séchage car lorsque vous vous retrouvez avec 50, 60, 80 huiles bien fraiches parsemées dans l’appartement et que vos gamins jouent au foot sans réellement s’en soucier une alternative se présente : balancer les gamins par la fenêtre… ou passer sur d’autres medium : l’acrylique n’est pas ma tasse de thé et je me mis à considérer l’encre de Chine plein d’espoir immodéré.

Mais c’est une autre histoire…


| 2016 - 2017 || Galerie

Carré d'artistes